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Pourquoi Option régions?

Pour l’autonomie locale et régionale et un projet de génération progressiste pour le Québec

À l’heure où nous vivons une crise profonde envers nos institutions et que s’accumulent les scandales dans le monde économique; nous nous devons de proposer un nouveau modèle de développement tant du point de vue politique qu’économique. Pas une semaine ne se passe sans que de nouveaux indices ne s’ajoutent pour réclamer une autre façon de faire de la politique et une société meilleure. La publication de nombreux manifestes, la création de nouveaux partis politiques, les manifestations, les occupations, le cynisme envers nos élites tant politiques, économiques, syndicales, religieuses, que médiatiques, en sont à la fois une illustration qu’une recherche de solutions. Dans un monde de vitesse où il faudrait tout avoir tout de suite, beaucoup sont à la recherche d’une solution facile qui réglerait tout rapidement et pour de bon. Et ce, sans qu’ils n’aient d’autres efforts à faire que de critiquer. Je crois plutôt que nous avons besoin de changements en profondeur qui vont demander un vaste chantier où chacun devra faire sa part.

Ce chantier n’est pas un programme électoral, mais bien un Projet de génération. Un Projet de génération progressiste qui comportera des actions à court terme et des objectifs à long terme. Ce projet devra réunir des gens de gauche et des gens de centre droit.

Parmi les paradigmes que nous devrons remettre en question, il y a le « progressisme » (changement en mieux, politique, social, économique, qui tend à la modification de la société vers un idéal)[1]: qui ne peut être le seul apanage de la gauche. D’ailleurs, un véritable projet de génération ne peut être que la volonté des différents courants d’une société. Ceux qui croient que la division renforce ne me convainquent pas. J’ai trop vu de regroupements qui avaient l’exclusion facile et qui ont connu l’échec.

Les défis collectifs

Les défis auxquels nous devons faire face sont trop importants, que ce soit en matière d’environnement, de création et de partage de richesse, pour croire qu’un groupe minoritaire de notre société pourra trouver et mettre en place les solutions pour y arriver. Réunir des gens de centre gauche et de centre droit sera ardu et compliqué, mais un tel chemin a l’avantage d’être plus porteur que la division.

Pour ce faire, il faut être prêt à prendre des risques, accepter que nous n’ayons pas le monopole de la vérité et fournir les efforts nécessaires à y voir plus clair. Il faut aussi que nous ayons confiance en nous, que nous soyons convaincus que nous avons la compétence, la volonté et le savoir-faire pour y arriver. Il faut enfin que nous ayons un projet plus grand que nous, car les grands égos ne conduisent pas aux grands idéaux.

Le Projet de génération progressiste auquel je vous convie vise à faire du Québec la meilleure société au monde.

Pour y arriver, nous devrons mettre de l’avant un modèle de société, notamment, plus démocratique, plus décentralisé, plus diversifié, plus efficace, plus créatif, plus solidaire, plus en santé, plus écologique, plus entreprenant, plus éduqué, et assurément plus équitable.

Pour le développement de l’autonomie locale et régionale.

Le deuxième paradigme auquel il faut s’attaquer est celui disant que l’État ne peut être fort et efficace que s’il est centralisé.

Cet enjeu n’est pas nouveau. Déjà en 1932, Esdras Minville, qui fut le premier directeur « canadien-français »de l’école des Hautes Études Commerciales de Montréal déclarait dans La terre de chez nous : « Il faudra bien s’attaquer un jour ou l’autre à la décentralisation de l’activité économique et sociale et à une meilleure répartition de cette activité à travers tout le territoire ».

René Lévesque, quant à lui, disait dans son livre blanc sur la décentralisation en 1977 : « il est devenu urgent de réviser la répartition des pouvoirs au sein de notre collectivité. Cette révision doit se faire en rapprochant des citoyens les pouvoirs de décision et en revalorisant les autorités les plus près d’eux pour assurer l’ensemble des services qui affectent la vie de tous les jours… Il s’agit de repenser la répartition des pouvoirs entre l’État et les instances locales de manière à ce que chaque palier de gouvernement ait un rôle plus efficace dans l’organisation de la vie collective… Pour y parvenir, il faut donner aux instances locales et aux citoyens un cadre et des moyens d’agir efficaces, autonomes et responsables ».

L’État central ne doit pas prendre toutes les responsabilités. Il doit savoir déléguer à d’autres dans certains domaines.

Comme le disait un diplomate américain, D.Moynihan : « Ne confiez jamais à une plus grande unité ce qui peut être fait par une plus petite. Ce que la famille peut faire, la municipalité ne doit pas le faire. Ce que la municipalité peut faire, les États ne doivent pas le faire. Et ce que les États peuvent faire, le gouvernement fédéral ne doit pas le faire ».

Il devrait en être ainsi parce que, comme le disait René Lévesque, « la décentralisation, c’est d’abord un acte de confiance envers les individus et un appel à leur créativité. Elle repose essentiellement sur la conviction que les citoyens sont plus en mesure de définir eux-mêmes leurs besoins et de répondre avec originalité et invention à leurs aspirations ».

De plus, notre immense territoire est trop grand pour être géré de façon centralisée. À titre d’exemple, mentionnons que 97 pays ou États dans le monde sont plus petits que le Saguenay-Lac-Saint-Jean. Ma région est 2,5 fois plus grande que la Suisse!

Peut-on réellement développer un tel territoire avec le peu de pouvoirs et de ressources financières qui lui sont offerts actuellement?

À l’heure actuelle, plusieurs régions éprouvent des difficultés. Bien des jeunes hésitent à retourner en région, car ils perçoivent leur milieu en déclin. Lançons-leur un nouveau défi : celui de la prise en mains et du développement. Ce sera certainement plus alléchant que d’aller assister à la décroissance de leur population.

Afin de pouvoir se payer tous les services dont nous aurons besoin à l’avenir, il nous faut un Québec prospère. Pour ce faire, nous devons mettre en valeur, dans une perspective de développement durable, les immenses ressources humaines et naturelles que nous possédons. Lorsque l’on veut découvrir tout le potentiel d’un tel territoire, il faut être sur place.

Il en est de même pour le développement de nos grandes villes. Elles ne peuvent se développer sans de nouvelles responsabilités et champs de taxations. Ce n’est pas en les maintenant dans un contexte d’infantilisation et de dépendance envers les gouvernements national et fédéral qu’elles pourront donner leur plein potentiel.

Il est temps que les régionaux et les urbains unissent leurs forces pour mettre de l’avant un nouveau modèle de développement basé sur l’autonomie locale et régionale.

Un tel objectif est ambitieux. Il ne saurait se réaliser si nous sommes divisés. Les adversaires d’un tel projet profiteraient de cette division. J’ai confiance dans la société québécoise. Je sais que nous avons les capacités, les compétences et les valeurs pour y arriver.

Individuellement nous pouvons tout critiquer, collectivement nous pouvons tout réaliser.

[1] Le Robert 2015, p.2039

Denis Trottier 21 septembre 2016

À Propos de l'auteur

Denis Trottier est président-fondateur d'Option Régions. Il a été le député de Roberval à l’Assemblée nationale du Québec pendant 7 ans. Il a également été nommé l’une des dix personnalités les plus marquantes du Québec en environnement ainsi que la plus persévérante. Denis Trottier a aussi agit à titre préfet de la MRC Maria-Chapdelaine, maire de Péribonka et conseiller municipal de Dolbeau.

Pour en savoir plus, consultez sa biographie sur le site de l’Assemblée nationale du Québec.

5 Commentaires

  1. Bonjour Denis,

    J’ai eu le lien d’Option région par Johanne Larouche.
    Ma fille, Raphaëlle Blais, est en 2e année de maîtrise à l’UQAC, en Développement régional. Je me suis empressée de lui faire suivre le lien de ton site.
    Je vais le lire de plus près et voir si je vais devenir membre car je trouve ton initiative formidable et porteuse d’actions constructives.
    Hâte d’en parler avec ma fille.

    Merci, et bonne chance

  2. Peut-on réaliser les objectifs de Option Régions sans aller contre la. Mondialisation qui a été impose sans consulter les peuples ?

  3. Bravo Denis. Enfin une initiative originale et actuelle qui, j’espère, fera des petits avec de grands résultats.

  4. Bravo Denis!

    Assurer la souveraineté de nos régions est définitivement la voie à suivre. Je suis 101% avec vous!

  5. Je suis partant pour ce beau projet de société. Notre région n’a rien a envier aux autres régions et elle renferme tout ce qui faut pour devenir un modèle de développement social. Cependant il faut éduquer les jeunes dès maintenant a l’importance de L’action citoyenne et au rôle que doit jouer chaque citoyen dans son milieu de vie.Le manque d’intérêt et d’information des citoyens actuellement fait en sorte qu’on reproduit parfois en région et a une plus petite échelle ,ce que la décentralisation devait éliminer.
    La participation aux élections en est une bonne exemple , quand on laisse 15 % de la population élirent les représentants qui agiront au nom de 100% de la population et pendant 4 ans. La représentation démocratique en prend pour son rhume.

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